Les petites voitures, les sportives et les puissantes muscle cars restent surreprésentées parmi les véhicules aux taux de mortalité des conducteurs les plus élevés aux États-Unis.


Selon de nouveaux chiffres de l'Insurance Institute for Highway Safety (IIHS), plus de la moitié des 20 modèles 2023 les moins bien classés appartiennent à ces catégories.


<h3>Les petites voitures restent vulnérables</h3>


Toutes catégories confondues, le taux moyen de mortalité des conducteurs était de 37 décès par million d'années-véhicules immatriculées. Les mini-citadines affichaient toutefois une moyenne de 158 décès, et les petites voitures de 79.


La Kia Rio avait le taux individuel le plus élevé, avec 170 décès par million d'années-véhicules, devant la Nissan Versa (164). La Chrysler 300 à deux roues motrices arrivait troisième avec 132.


La taille du véhicule compte, car les petites voitures protègent moins lors d'une collision avec des pick-up et des SUV bien plus lourds. Le président de l'IIHS, David Harkey, souligne que même les petites voitures bien notées en sécurité restent désavantagées face à des véhicules beaucoup plus imposants.


<h3>Les voitures puissantes, une autre histoire</h3>


La taille n'explique pas tout. Plusieurs voitures très puissantes figuraient aussi en haut de la liste.


La Dodge Charger HEMI à deux roues motrices a enregistré 127 décès de conducteurs par million d'années-véhicules, la Dodge Challenger à deux roues motrices 125 et la Chevrolet Camaro 88.


Selon l'IIHS, les taux élevés des sportives et des muscle cars s'expliquent probablement en grande partie par la façon dont elles sont conduites. Des moteurs puissants et un marketing qui séduit les amateurs de performance peuvent encourager une conduite plus rapide ou plus agressive.


Cette nuance est importante, car les taux de mortalité reflètent l'expérience réelle sur la route, et pas seulement les résultats aux crash-tests.


<h3>Les gros pick-up, un danger pour les autres</h3>


Le schéma change quand on examine les décès des conducteurs des autres véhicules impliqués.


Le Ram 3500 cabine double et caisse longue à quatre roues motrices avait le taux le plus élevé de décès chez les autres conducteurs : 204 par million d'années-véhicules. Les très gros pick-up affichaient en moyenne 110, plus du double de la moyenne générale de 53.


Dix des 20 modèles aux taux les plus élevés pour les autres conducteurs étaient de grands ou très grands pick-up. Leur masse, leur hauteur et parfois leur moteur puissant peuvent rendre les collisions particulièrement graves pour les occupants de véhicules plus petits.


Certains modèles figuraient sur les deux listes, dont la Chevrolet Camaro, la Chevrolet Malibu et les versions à deux roues motrices de la Dodge Charger et de la Charger HEMI.


<h3>Les SUV dominent le classement des plus sûrs</h3>


À l'autre bout du classement, 18 des 20 véhicules aux taux de mortalité des conducteurs les plus bas étaient des SUV.


Six modèles ont enregistré un taux nul sur la période étudiée, dont l'Audi Q7 à quatre roues motrices, le BMW X7 à quatre roues motrices, le Chevrolet Tahoe à quatre roues motrices et le Toyota Tundra CrewMax à quatre roues motrices.


Un taux nul ne signifie pas pour autant qu'un accident mortel est impossible : simplement, aucun décès de conducteur n'a été enregistré dans l'exposition couverte par cette analyse.


Les SUV de luxe figuraient aussi en bonne place parmi les modèles aux taux faibles, à la fois pour leurs propres conducteurs et pour ceux des autres véhicules.


<h3>Comment les taux ont été calculés</h3>


Les chiffres reposent sur les décès survenus de 2021 à 2024 impliquant des véhicules du millésime 2023 et des modèles antérieurs de conception et d'équipement de sécurité quasi identiques.


L'IIHS a utilisé les registres fédéraux des décès et les données d'immatriculation. Un modèle devait totaliser au moins 100 000 années-véhicules d'exposition ou au moins 20 décès pour obtenir une estimation individuelle.


Les calculs tiennent compte de l'âge du conducteur, mais pas de tous les facteurs qui influencent le risque, comme le kilométrage parcouru ou la vitesse habituelle.


Ces taux ne doivent donc pas être vus comme un simple classement de l'ingénierie des véhicules : ils reflètent à la fois la taille, la protection en cas de choc, les technologies de sécurité et le comportement des conducteurs.


La leçon générale est que la sécurité ne se résume pas à la réussite d'un crash-test. La masse et la conception d'un véhicule comptent, mais aussi les routes qu'il emprunte et, surtout, les décisions de la personne au volant.