Pour aller travailler, la voiture reste la reine des trajets en France. Près de trois actifs sur quatre la prennent chaque jour, mais derrière cette domination apparente, les habitudes sont en train de bouger.
C'est ce que montre un nouveau baromètre réalisé par Alphabet France et l'Ifop, neuf ans après sa première édition. Selon cette enquête, 74 % des actifs utilisent quotidiennement leur voiture pour se rendre au travail, une moyenne qui cache de fortes différences selon le lieu de vie.
<h3>Une France coupée en deux</h3>
Dans les agglomérations de moins de 100 000 habitants, où les transports en commun sont rares, 87 % des actifs dépendent chaque jour de leur voiture. Ces territoires représentent 2 405 pôles urbains, contre seulement 62 grandes agglomérations dans le pays.
En Île-de-France, grâce à un réseau de transports en commun dense, la part des actifs qui prennent la voiture chaque jour tombe à 50 %.
<h3>Des trajets qui pèsent au quotidien</h3>
Le trajet moyen domicile-travail est de 17 km et dure 24 minutes. Pour beaucoup, ce temps est vécu comme une contrainte : 60 % des personnes interrogées déplorent le temps perdu et 53 % les embouteillages.
La voiture apparaît ainsi à la fois comme un outil indispensable et comme une source de fatigue chronique. La hausse des prix du carburant pèse en plus sur le pouvoir d'achat des automobilistes.
<h3>L'électrifié gagne du terrain</h3>
Les intentions d'achat évoluent nettement. 60 % des personnes interrogées choisiraient un véhicule électrifié pour leur prochaine voiture, contre 52 % en 2025, et 24 % opteraient pour un modèle 100 % électrique.
La première motivation est la maîtrise des coûts d'usage, citée par 58 % des sondés. Les craintes liées à l'autonomie et au réseau de recharge semblent par ailleurs s'estomper.
<h3>D'autres façons de se déplacer</h3>
Les mobilités douces progressent aussi : 27 % des actifs marchent, pédalent ou utilisent une trottinette pour aller travailler, et 30 % combinent plusieurs modes de transport.
Ces changements ne traduisent pas un rejet de la voiture, mais plutôt une approche pragmatique : les actifs cherchent l'efficacité et l'optimisation de leur budget.
<h3>Un critère de choix pour l'emploi</h3>
Les trajets pèsent aussi sur la vie professionnelle. 73 % des actifs affirment que la difficulté de leur trajet influence leur décision de postuler dans une entreprise ou d'y rester, un chiffre qui grimpe à 85 % chez les moins de 35 ans.
Près de 68 % estiment aussi que les solutions de transport proposées par un employeur comptent dans leurs choix de carrière. Pour les entreprises, la mobilité devient donc un vrai levier d'attractivité.
La voiture reste le principal mode de transport des actifs français, mais elle s'inscrit désormais dans un écosystème en pleine évolution. Entre coûts, temps perdu et recherche de bien-être, la liberté de se déplacer se négocie de plus en plus, et l'électrification comme les mobilités douces pourraient bien redessiner les trajets de demain.